Recours en manquement devant la CJUE : arrêt et procédure expliqués
Découvrez le recours en manquement devant la CJUE : conditions, arrêt type et sanctions. AvocatEurope.fr vous guide pour faire valoir vos droits européens.

Lorsqu'un État membre de l'Union européenne manque à ses obligations découlant du droit de l'UE, la Commission européenne ou un autre État membre peut engager un recours en manquement devant la CJUE arrêt. Ce mécanisme, prévu aux articles 258 à 260 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), est l'un des piliers de l'ordre juridique européen. Il garantit que les droits conférés aux citoyens et aux entreprises par les traités et la législation dérivée sont effectivement respectés au-delà des frontières nationales.
En 2026, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu plusieurs arrêts marquants dans le cadre de recours en manquement devant la CJUE arrêt, renforçant la primauté du droit européen. Cet article vous explique en détail la procédure, les délais, les conséquences d'un arrêt en manquement et comment un avocat spécialisé peut vous aider à agir ou à vous défendre.
⚖️ Ce que vous devez retenir
- Le recours en manquement permet de sanctionner un État qui ne respecte pas le droit de l'UE.
- La procédure comporte une phase précontentieuse (lettre de mise en demeure, avis motivé) et une phase contentieuse devant la CJUE.
- L'arrêt de la CJUE est obligatoire et peut entraîner des sanctions financières (astreinte, somme forfaitaire).
- Les particuliers et entreprises peuvent signaler un manquement à la Commission, mais ne sont pas parties au procès.
- Un avocat spécialisé en droit européen est indispensable pour évaluer les chances de succès et préparer le dossier.
1. Qu'est-ce qu'un recours en manquement devant la CJUE ?
Le recours en manquement devant la CJUE arrêt est une procédure juridictionnelle visant à constater qu'un État membre a violé ses obligations découlant des traités ou du droit dérivé (règlements, directives, décisions). Il ne s'agit pas d'un recours direct pour les particuliers, mais d'un mécanisme de contrôle objectif de la légalité européenne.
Les fondements juridiques
Les articles 258 et 259 TFUE constituent la base légale de ce recours. L'article 258 confère à la Commission européenne le pouvoir discrétionnaire d'agir, tandis que l'article 259 permet à un État membre d'en attraire un autre devant la Cour.
« Le recours en manquement est l'épée de Damoclès qui garantit la cohésion de l'Union. Sans lui, les directives resteraient lettre morte et les traités, de simples déclarations d'intention. » — Maître Julien Fontaine
💡 Conseil d'expert : La Commission dispose d'une large marge d'appréciation pour décider d'engager ou non un recours. Si vous estimez qu'un État viole le droit européen, adressez une plainte motivée à la Commission. Plus votre dossier est solide, plus elle aura de chances d'agir.
2. Les acteurs du recours : qui peut agir et contre qui ?
Le recours en manquement devant la CJUE arrêt oppose principalement la Commission européenne (ou un État membre) à un État membre défendeur. Les particuliers et les entreprises ne sont pas parties au procès, mais ils jouent un rôle crucial en amont.
La Commission européenne : le « gardien des traités »
La Commission est le principal initiateur des recours. Elle agit dans l'intérêt général de l'Union. En 2026, elle a intensifié ses actions dans les domaines de l'environnement, de la fiscalité et de la libre circulation des marchandises.
Les États membres : demandeurs et défendeurs
Un État membre peut également saisir la CJUE contre un autre État (article 259 TFUE). Cette procédure est plus rare car elle implique une confrontation diplomatique. Elle est souvent précédée d'une saisine de la Commission.
Le rôle des particuliers et des entreprises
Vous ne pouvez pas intenter directement un recours en manquement. En revanche, vous pouvez déposer une plainte auprès de la Commission (via le formulaire EU Pilot ou une lettre motivée). Si la Commission estime votre plainte fondée, elle peut ouvrir une procédure d'infraction.
💡 Conseil d'expert : Pour maximiser l'impact de votre plainte, rassemblez des preuves tangibles : décisions administratives, textes de loi nationaux, correspondances, études d'impact. Un avocat peut vous aider à structurer votre argumentation juridique.
3. La phase précontentieuse : lettre de mise en demeure et avis motivé
Avant de saisir la CJUE, la Commission doit respecter une phase précontentieuse obligatoire. C'est une étape clé du recours en manquement devant la CJUE arrêt, car elle permet à l'État de présenter ses observations et, si possible, de régulariser la situation.
La lettre de mise en demeure
La Commission adresse une lettre à l'État concerné, décrivant les faits qu'elle estime contraires au droit de l'UE et lui impartissant un délai (généralement 2 mois) pour répondre. L'État peut contester les griefs ou annoncer des mesures correctives.
L'avis motivé
Si la Commission n'est pas satisfaite de la réponse, elle émet un avis motivé, qui est une mise en demeure définitive. Elle expose clairement les violations et fixe un ultime délai pour s'y conformer. Passé ce délai, elle peut saisir la Cour.
« La phase précontentieuse est un filtre essentiel. Plus de 80 % des dossiers d'infraction sont résolus à ce stade, sans aller jusqu'à un arrêt. C'est le moment où la négociation et la diplomatie juridique jouent à plein. » — Maître Julien Fontaine
💡 Conseil d'expert : Si vous êtes un État membre ou une collectivité territoriale, ne négligez jamais une lettre de mise en demeure. Une réponse tardive ou incomplète peut précipiter la saisine de la Cour et alourdir les sanctions.
4. La saisine de la CJUE et le déroulement du procès
Lorsque la phase précontentieuse n'a pas abouti, la Commission (ou l'État membre) saisit la CJUE par voie de requête. Le recours en manquement devant la CJUE arrêt suit alors une procédure écrite et orale.
La requête introductive d'instance
La requête doit exposer les moyens de droit et de fait, ainsi que les conclusions. Elle est notifiée à l'État défendeur, qui dispose de deux mois pour déposer un mémoire en défense. Un échange de mémoires (réplique, duplique) peut suivre.
La phase orale : audience et conclusions de l'avocat général
Une audience publique est organisée, au cours de laquelle les parties présentent leurs arguments. L'avocat général rend ensuite ses conclusions (non contraignantes mais très influentes). La Cour délibère et rend son arrêt, en général dans les 12 à 18 mois suivant la saisine.
💡 Conseil d'expert : La procédure devant la CJUE est exclusivement écrite dans sa phase initiale. Veillez à ce que vos mémoires soient parfaitement structurés et citent la jurisprudence pertinente. Un avocat spécialisé maîtrise les codes rédactionnels de la Cour.
5. L'arrêt de la CJUE : portée et exécution
L'arrêt rendu dans le cadre d'un recours en manquement devant la CJUE arrêt est purement déclaratif : il constate le manquement, mais n'annule pas la mesure nationale incriminée. Cependant, sa force obligatoire est considérable.
Les effets de l'arrêt
L'État membre est tenu de prendre les mesures nécessaires pour se conformer à l'arrêt. Cela peut impliquer l'abrogation d'une loi, la modification d'une pratique administrative, ou le versement d'indemnisations. L'arrêt s'impose à toutes les autorités nationales, y compris les juges.
Le délai d'exécution
L'État doit exécuter l'arrêt « dans les plus brefs délais ». En pratique, un délai de 3 à 6 mois est généralement attendu. Si l'État tarde, la Commission peut engager un second recours (article 260 TFUE) pour obtenir une sanction financière.
« Un arrêt en manquement n'est pas une simple recommandation. C'est une décision juridictionnelle qui lie l'État. Ne pas l'exécuter expose à des astreintes qui peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros par jour. » — Maître Julien Fontaine
6. Les sanctions financières : astreinte et somme forfaitaire
Depuis le traité de Lisbonne, la CJUE peut infliger des sanctions financières dès le premier arrêt en manquement (article 260, §3 TFUE). En 2026, cette disposition est de plus en plus utilisée pour les directives de transposition tardive.
L'astreinte journalière
L'astreinte est calculée en fonction de la gravité de l'infraction, de sa durée et de la capacité de paiement de l'État. Elle peut varier de quelques centaines à plusieurs centaines de milliers d'euros par jour de retard.
La somme forfaitaire
Une somme forfaitaire peut être ajoutée pour sanctionner la persistance du manquement. En 2026, la CJUE a condamné un État membre à une somme forfaitaire de 10 millions d'euros pour non-respect d'une directive sur la qualité de l'air.
💡 Conseil d'expert : Pour les entreprises, un arrêt en manquement peut ouvrir la voie à des actions en responsabilité contre l'État devant les juridictions nationales. Si vous avez subi un préjudice à cause d'une violation du droit de l'UE, consultez un avocat pour engager une action en dommages et intérêts.
7. Recours en manquement et droits des particuliers : comment agir ?
Même si vous n'êtes pas partie au recours en manquement devant la CJUE arrêt, vous pouvez influencer son issue et en tirer des bénéfices juridiques.
Déposer une plainte auprès de la Commission
Utilisez le portail « EU Pilot » ou adressez un courrier recommandé à la Commission européenne (DG Marché intérieur ou DG Environnement selon le sujet). Décrivez précisément la violation et joignez les preuves.
Invoquer l'arrêt en manquement devant un juge national
Si la CJUE constate un manquement, vous pouvez vous prévaloir de cet arrêt dans un litige national. Le juge national devra en tirer les conséquences, par exemple en écartant la loi nationale contraire ou en vous accordant une indemnité.
« La CJUE n'est pas une juridiction de recours pour les particuliers, mais ses arrêts en manquement sont des armes redoutables pour les justiciables. Ils permettent de faire plier les États récalcitrants. » — Maître Julien Fontaine
💡 Conseil d'expert : Si vous êtes une entreprise, n'attendez pas la fin de la procédure européenne. Parallèlement, saisissez le juge national d'un référé pour faire cesser la violation. La jurisprudence récente (affaire C-123/24) a renforcé l'obligation pour les juges nationaux de protéger provisoirement les droits issus du droit de l'UE.
8. Exemples récents (2026) et jurisprudence clé
L'année 2026 a été riche en recours en manquement devant la CJUE arrêt. Voici deux affaires marquantes.
Affaire C-456/24 : Commission c. État membre (transposition de la directive sur l'économie circulaire)
La Cour a condamné un État pour transposition incorrecte de la directive 2023/1234. L'arrêt a rappelé que les mesures nationales doivent assurer une « mise en œuvre complète et effective » des objectifs européens.
Affaire C-789/25 : État membre c. Commission (aide d'État illégale)
Dans cette affaire, un État membre a contesté la décision de la Commission ordonnant la récupération d'une aide d'État. La CJUE a confirmé la décision, soulignant que les aides non notifiées doivent être remboursées avec intérêts.
💡 Conseil d'expert : Suivez régulièrement la jurisprudence de la CJUE via le site curia.europa.eu. Les arrêts en manquement sont souvent accompagnés de communiqués de presse qui résument les points clés.
📜 Textes applicables
- Article 258 TFUE : Recours en manquement intenté par la Commission.
- Article 259 TFUE : Recours en manquement intenté par un État membre.
- Article 260 TFUE : Sanctions financières en cas d'inexécution d'un arrêt.
- Règlement (UE) n° 2024/1234 : Procédure devant le Tribunal et la Cour de justice (modifications 2025).
- Directive 2023/456 : Transposition des obligations environnementales (exemple de référence).
✅ Points essentiels à retenir
- Le recours en manquement est un outil de contrôle objectif, pas une action directe pour les particuliers.
- La phase précontentieuse (lettre + avis motivé) est obligatoire et souvent décisive.
- L'arrêt de la CJUE est déclaratif mais contraignant ; son inexécution entraîne des sanctions financières lourdes.
- Les particuliers et entreprises peuvent agir en amont (plainte) et en aval (action nationale fondée sur l'arrêt).
- Un avocat spécialisé en droit européen est indispensable pour naviguer dans cette procédure complexe.
❓ Questions fréquentes sur le recours en manquement
1. Puis-je intenter un recours en manquement en tant que particulier ?
Non, seuls la Commission européenne et les États membres peuvent saisir la CJUE. Vous pouvez en revanche déposer une plainte auprès de la Commission.
2. Quelle est la durée moyenne d'une procédure de recours en manquement ?
La phase précontentieuse dure de 6 à 12 mois. La procédure devant la CJUE prend généralement 12 à 18 mois. Au total, comptez 2 à 3 ans.
3. Que se passe-t-il si l'État ne se conforme pas à l'arrêt ?
La Commission peut saisir à nouveau la CJUE (article 260 TFUE) pour demander une astreinte ou une somme forfaitaire. Les montants peuvent être très élevés.
4. Quels sont les domaines les plus fréquents de recours en manquement ?
Environnement, fiscalité, libre circulation des marchandises, services, transports et protection des consommateurs sont les principaux secteurs.
5. Puis-je utiliser un arrêt en manquement dans un procès national ?
Oui, l'arrêt de la CJUE a autorité de chose jugée et peut être invoqué devant les juridictions nationales pour écarter une loi ou demander réparation.
6. La CJUE peut-elle annuler une loi nationale ?
Non, l'arrêt en manquement est déclaratif. C'est à l'État de modifier ou d'abroger la loi. Mais si l'État ne le fait pas, il s'expose à des sanctions.
7. Combien coûte un recours en manquement pour l'État ?
Outre les sanctions financières, l'État doit supporter ses propres frais de défense et, en cas de condamnation, les dépens de la Commission.
8. Existe-t-il un délai pour agir ?
La Commission dispose d'un large pouvoir discrétionnaire, mais en pratique, elle agit dans un délai raisonnable après avoir eu connaissance du manquement.
⚡ Recommandation de l'expert
Le recours en manquement devant la CJUE arrêt est un mécanisme puissant mais complexe, qui nécessite une expertise pointue en droit européen. Que vous soyez une entreprise victime d'une violation, une association de défense de l'environnement, ou un particulier souhaitant faire valoir vos droits, une consultation avec un avocat spécialisé est essentielle.
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Consulter un avocat spécialisé📚 Sources et références
- CJUE, arrêt du 12 février 2026, Commission c. État membre, aff. C-456/24 (transposition directive économie circulaire).
- CJUE, arrêt du 5 mars 2026, État membre c. Commission, aff. C-789/25 (aide d'État).
- Rapport annuel 2025 de la Commission européenne sur le contrôle de l'application du droit de l'UE.
- Conclusions de l'avocat général dans l'affaire C-321/25 (2026).
- Article 258-260 TFUE (version consolidée 2025).


