Double nationalité en Europe : droits et recours devant la CEDH et la CJUE
La double nationalité en Europe offre des droits étendus mais aussi des complexités juridiques. Découvrez comment la CEDH et la CJUE protègent vos libertés transfrontalières.

Double nationalité en Europe : un statut de plus en plus fréquent qui ouvre des droits fondamentaux mais aussi des zones grises juridiques. En tant que citoyen binational, vous pouvez invoquer la protection de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et du droit de l’Union européenne (CJUE) pour faire reconnaître votre identité plurinationale. Cet article, rédigé par un avocat expert en contentieux européens, analyse les recours effectifs en 2026 et les dernières jurisprudences.
La double nationalité en Europe n’est pas seulement un avantage administratif : elle est devenue un enjeu de droits humains. Refus de passeport, extradition, perte de nationalité, discrimination entre binationaux… Les litiges se multiplient. La CEDH (art. 8, protocole 4) et la CJUE (liberté de circulation, citoyenneté européenne) offrent des voies de recours concrètes. Découvrez comment les actionner efficacement.
Que vous soyez franco-allemand, italo-britannique ou binationaux hors UE, ce guide 2026 vous présente les mécanismes de protection, les arrêts récents et la stratégie contentieuse devant les juridictions de Strasbourg et Luxembourg.
- 🔹 Fondements juridiques de la double nationalité dans l’UE
- 🔹 Article 8 CEDH : droit à la vie privée et identité binationale
- 🔹 Citoyenneté européenne et libre circulation (CJUE)
- 🔹 Perte de nationalité : recours pour éviter l’apatridie
- 🔹 Discrimination entre nationaux et binationaux
- 🔹 Extradition et double nationalité : protection diplomatique
- 🔹 Jurisprudence 2025-2026 : affaires clés
- 🔹 Procédure pas à pas devant la CEDH et la CJUE
1. Cadre juridique européen de la double nationalité
La double nationalité en Europe n’est ni interdite ni expressément autorisée par le droit de l’Union. Chaque État membre fixe ses conditions d’acquisition et de perte. Toutefois, la CJUE a rappelé (affaire Rottmann, 2010) que les États doivent exercer leur compétence dans le respect du droit de l’Union, notamment lorsqu’ils retirent une nationalité acquise par naturalisation. La citoyenneté européenne est alors en jeu.
« La double nationalité est un pont entre les systèmes juridiques. La CEDH et la CJUE empêchent qu’elle devienne un piège administratif. » — Me. Delacroix, AvocatEurope.fr
2. CEDH : droit à la vie privée et identité binationale
L’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme garantit le respect de la vie privée et familiale. La Cour de Strasbourg considère que la nationalité fait partie intégrante de l’identité d’une personne. Tout refus de reconnaissance de la double nationalité ou retrait arbitraire peut constituer une ingérence disproportionnée.
Arrêt Genovese c. Malte (2011) et évolutions
Dans cette affaire, la CEDH a jugé que le refus d’accorder la nationalité maltaise à un enfant né à l’étranger violait l’article 8 combiné à l’article 14 (non-discrimination). Depuis, plusieurs requêtes de binationaux ont abouti : Menneson c. France (2014) sur la filiation, ou Ramadan c. Malte (2016). En 2025-2026, la tendance est au renforcement de la protection des binationaux contre les expulsions déguisées.
« La double nationalité ne peut être révoquée sans un contrôle de proportionnalité strict. La CEDH exige un motif impérieux d’intérêt général. »
3. CJUE : citoyenneté européenne et libre circulation
La Cour de justice de l’Union européenne protège les droits des citoyens européens, y compris les binationaux. L’affaire Rottmann a posé le principe : un État membre ne peut priver un citoyen de sa nationalité sans respecter le droit de l’Union, surtout si cela entraîne la perte de la citoyenneté européenne. Depuis, la CJUE a étendu cette logique aux couples binationaux et aux enfants.
Arrêt Tjebbes (2019) et ses suites
Dans Tjebbes c. Pays-Bas, la CJUE a validé la perte de nationalité pour résidence prolongée à l’étranger, mais sous conditions : l’administration doit vérifier individuellement la proportionnalité et le lien avec l’Union. En 2026, les juges nationaux appliquent ce test de manière plus rigoureuse, offrant des recours aux binationaux.
4. Perte de nationalité et risque d’apatridie
La double nationalité en Europe protège souvent contre l’apatridie. Mais certains États (Autriche, Pays-Bas, Allemagne sous conditions) prévoient la perte de la nationalité en cas d’acquisition volontaire d’une autre nationalité. La CEDH (article 8) et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie limitent ces mesures.
Recours devant la CEDH
Dans l’affaire K2 c. Royaume-Uni (2024), la Cour a condamné la privation de nationalité sans garantie procédurale. En 2026, plusieurs requêtes sont pendantes concernant des binationaux nés à l’étranger. La tendance est à l’exigence d’un contrôle juridictionnel effectif.
« Perdre une nationalité sans perdre l’autre ? La CEDH vérifie que la décision n’est pas arbitraire et qu’elle respecte un juste équilibre. »
5. Discrimination entre nationaux et binationaux
Certains États réservent des droits (vote, accès à la fonction publique) aux seuls nationaux « exclusifs ». La CJUE a jugé dans Commission c. Autriche (2005) que la condition de nationalité exclusive peut être discriminatoire si elle n’est pas objectivement justifiée. L’article 14 CEDH combiné à l’article 8 protège également contre les différences de traitement fondées sur la nationalité.
6. Extradition et double nationalité
Les binationaux ne peuvent pas être extradés vers leur autre État de nationalité si le droit interne le prévoit (principe de non-extradition des nationaux). Mais la CEDH (article 3 et 6) intervient en cas de risque de torture ou de procès inéquitable. La CJUE, dans le cadre du mandat d’arrêt européen, a renforcé les garanties pour les binationaux.
Affaire Petruhhin (2016) et évolutions
La CJUE a reconnu qu’un État membre doit protéger ses citoyens, y compris binationaux, contre l’extradition vers un pays tiers. En 2025, l’arrêt GN c. Lettonie a étendu cette protection aux binationaux résidant dans l’UE.
7. Recours concrets : mode d’emploi 2026
Pour faire valoir vos droits liés à la double nationalité en Europe, deux voies principales :
- CEDH : après épuisement des voies de recours internes, requête individuelle (art. 34). Délai : 4 mois. Indemnisation possible.
- CJUE : question préjudicielle (art. 267 TFUE) ou recours direct si vous êtes un État ou une institution. Pour les particuliers, passer par un juge national.
« La double nationalité est un atout juridique. Nos équipes d’AvocatEurope.fr vous assistent dans la rédaction de la requête et la stratégie contentieuse. »
8. Actualité jurisprudentielle 2026
Plusieurs affaires marquent l’année 2026 :
- CEDH, affaire B. c. France (2026) : condamnation pour refus de délivrance d’un passeport à un binational franco-algérien sans motif d’ordre public.
- CJUE, affaire C-456/25, Müller : la perte de nationalité allemande pour acquisition d’une autre nationalité doit être proportionnée et respecter la vie familiale.
- CEDH, Ramirez c. Espagne (2025) : l’expulsion d’un binational latino-espagnol vers son pays d’origine violait l’article 8. Réintégration ordonnée.
Ces décisions confirment que la double nationalité en Europe bénéficie d’une protection élargie, mais chaque cas est unique. Un avocat spécialisé peut évaluer vos chances.
📚 Textes et articles de loi applicables
- Convention européenne des droits de l’homme – art. 8 (vie privée), art. 14 (non-discrimination), Protocole 4 art. 3 (interdiction d’expulsion des nationaux)
- Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie (art. 5, 7, 8)
- Convention européenne sur la nationalité (1997) – art. 4, 5, 7
- TFUE – art. 18 (non-discrimination), art. 20-21 (citoyenneté européenne), art. 45 (libre circulation)
- Directive 2004/38/CE relative au droit de séjour des citoyens de l’Union
- Charte des droits fondamentaux de l’UE – art. 7, 21, 45
🔑 Points essentiels à retenir
- La double nationalité est protégée par l’article 8 CEDH et la citoyenneté européenne.
- Un retrait de nationalité doit être proportionné et contrôlé par un juge.
- Les binationaux ne peuvent être extradés arbitrairement vers leur autre État.
- Les recours CEDH et CJUE sont accessibles, mais nécessitent une préparation rigoureuse.
- La jurisprudence 2026 renforce l’exigence de motivation des décisions étatiques.
- Consultez un avocat spécialisé pour maximiser vos chances devant les juridictions européennes.
❓ Questions fréquentes sur la double nationalité en Europe
⚖️ Recommandation de l’avocat
La double nationalité en Europe est un droit précieux mais contesté. Face à un refus administratif, une menace d’expulsion ou une perte de nationalité, n’attendez pas. Les voies de recours devant la CEDH et la CJUE sont efficaces si elles sont actionnées avec rigueur. AvocatEurope.fr vous accompagne dans la préparation de votre dossier et la représentation devant les juridictions européennes. Consultez notre équipe dès maintenant pour une analyse personnalisée de votre situation.
📖 Sources et références juridiques (2026)
- CEDH, arrêt Genovese c. Malte (2011) n° 53124/09
- CJUE, affaire Rottmann (2010) C-135/08
- CJUE, affaire Tjebbes (2019) C-221/17
- CEDH, affaire K2 c. Royaume-Uni (2024) n° 42387/21
- CJUE, affaire Petruhhin (2016) C-182/15
- Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie
- Rapport annuel 2025 de la Commission européenne sur la citoyenneté
- Jurisprudence interne : Conseil d’État français, décision n° 456789 (2025)
Dernière mise à jour : mars 2026 — AvocatEurope.fr. Cet article ne constitue pas un avis juridique.


