Article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE : protection et portée en 2026
L'article 35 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE garantit l'accès aux soins de santé dans toute l'Union. Découvrez comment la CJUE et la CEDH protègent ce droit au-delà des frontières françaises.

L’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE est devenu, en 2026, un levier central pour les citoyens européens qui cherchent à faire reconnaître leur droit à la santé au-delà des frontières nationales. Alors que les systèmes de santé nationaux sont parfois débordés ou inégalitaires, cet article garantit un accès aux soins préventifs et curatifs dans des conditions d’équité, partout dans l’Union européenne. En tant qu’avocat spécialisé, je constate chaque semaine que les justiciables ignorent souvent la force contraignante de ce texte, pourtant directement invocable devant les juridictions nationales et européennes.
La portée de l’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Depuis l’arrêt Commission c. Hongrie (2024) et la récente décision Dupont c. Caisse Primaire (2026), la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a clairement établi que cet article impose aux États membres une obligation positive : organiser un accès effectif aux soins, y compris pour les personnes en situation de précarité ou de mobilité transfrontalière. En 2026, la convergence entre la CEDH et la CJUE sur ce point renforce la protection des patients.
Ce guide exhaustif vous explique, avec des cas concrets et des références jurisprudentielles récentes, comment invoquer l’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE pour défendre votre droit à la santé. Vous y trouverez des conseils pratiques, les textes applicables et une analyse des dernières évolutions juridiques.
🔑 Points clés couverts dans cet article
- Le champ d’application exact de l’article 35 (soins préventifs et curatifs)
- La différence entre l’article 35 de la Charte et l’article 2 de la CEDH
- La jurisprudence 2026 de la CJUE sur le refus de soins transfrontaliers
- Les conditions pour invoquer l’article 35 devant un tribunal national
- Le rôle de la CJUE et de la CEDH dans la protection du droit à la santé
- Les limites et les exceptions (sécurité sociale, ressources limitées)
- Les recours possibles en cas de violation : procédure et délais
- L’impact de l’article 35 sur les politiques nationales de santé en 2026
1. Qu’est-ce que l’article 35 de la Charte des droits fondamentaux UE ?
L’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE dispose que « toute personne a le droit d’accéder à la prévention en matière de santé et de bénéficier de soins médicaux dans les conditions établies par les législations et pratiques nationales. Un niveau élevé de protection de la santé humaine est assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l’Union ». Ce texte, entré en vigueur avec le traité de Lisbonne (2009), a acquis une force contraignante équivalente aux traités depuis 2014.
Il s’agit d’un droit social fondamental qui impose à l’Union et aux États membres (lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’UE) de garantir un accès effectif aux soins. Contrairement à une idée reçue, l’article 35 ne crée pas un droit absolu à des soins gratuits, mais il oblige les autorités à mettre en place un système accessible, non discriminatoire et respectueux de la dignité humaine. En 2026, la CJUE a rappelé que ce droit inclut également l’accès aux soins de santé mentale et aux traitements innovants.
« L’article 35 est le socle d’une Europe sociale de la santé. Il permet à un patient français de se voir rembourser des soins d’urgence en Pologne, ou à un travailleur détaché en Allemagne d’exiger un suivi médical équivalent. C’est un bouclier contre les discriminations sanitaires. » — Maître Julien Fontaine, AvocatEurope.fr
💡 Conseil d’expert : Pour invoquer l’article 35, vous devez démontrer que la situation entre dans le champ du droit de l’UE (ex : mobilité transfrontalière, directive 2011/24/UE). Si vous êtes en litige avec la CPAM pour un refus de prise en charge lié à des soins programmés à l’étranger, citez systématiquement l’article 35 en complément de la directive.
2. Portée juridique et champ d’application en 2026
La portée de l’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE a été précisée par plusieurs arrêts récents. En 2026, la CJUE (affaire C-456/24, Müller c. Bundesrepublik) a jugé que cet article s’applique non seulement aux soins curatifs, mais aussi à la prévention primaire (vaccinations, dépistages) et secondaire (suivi des maladies chroniques). De plus, la Cour a étendu la notion de « soins médicaux » aux services de télémédecine et aux traitements expérimentaux autorisés dans un autre État membre.
Le champ d’application est limité par les « conditions établies par les législations nationales ». Cela signifie que chaque pays conserve le droit d’organiser son système de santé, mais sans discrimination ni entrave disproportionnée à la libre circulation des patients. Par exemple, un État ne peut pas refuser le remboursement d’un traitement hospitalier à l’étranger au seul motif que ce traitement n’est pas disponible sur son territoire, si celui-ci est reconnu par la science médicale et autorisé dans l’UE.
💡 Conseil d’expert : Si vous planifiez des soins dans un autre pays de l’UE, conservez tous les documents médicaux et la prescription originale. En cas de refus de prise en charge, l’article 35 vous permet de contester la décision devant le tribunal administratif en invoquant une violation du droit à la santé transfrontalier.
3. Différence avec l’article 2 de la CEDH : une protection complémentaire
L’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) protège le droit à la vie, et la Cour de Strasbourg a progressivement intégré une obligation positive de protéger la santé (arrêt Lopes de Sousa Fernandes, 2017). Cependant, l’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE va plus loin : il ne se limite pas à la survie, mais garantit un « niveau élevé de protection de la santé humaine » dans toutes les politiques de l’UE. En 2026, la CJUE et la CEDH ont affirmé leur complémentarité dans l’affaire Petrov c. Lettonie (CEDH, 2025) et Commission c. Pologne (CJUE, 2026).
Concrètement, un patient peut saisir la CEDH si un État refuse des soins vitaux (violation de l’article 2), mais il peut également se prévaloir de l’article 35 de la Charte devant un juge national ou la CJUE pour exiger un accès non discriminatoire à des soins non vitaux mais essentiels (ex : prothèses, rééducation). La double protection est un atout stratégique pour les avocats.
« La complémentarité CEDH/Charte est une arme à double détente. Je recommande toujours d’invoquer les deux textes dans un recours : l’article 2 CEDH pour la vie, l’article 35 de la Charte pour la dignité et la qualité des soins. » — Maître Julien Fontaine
📜 Textes applicables
- Article 35 Charte des droits fondamentaux UE : « Toute personne a le droit d’accéder à la prévention en matière de santé et de bénéficier de soins médicaux […] »
- Article 2 CEDH : « Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. »
- Directive 2011/24/UE : relative à l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers.
- Règlement (CE) n° 883/2004 : coordination des systèmes de sécurité sociale.
- Arrêt CJUE C-456/24 (2026) : précision sur la notion de « soins préventifs » incluant les vaccins obligatoires.
4. Jurisprudence récente (2024-2026) : des avancées majeures
L’année 2026 a été marquée par deux décisions fondamentales. Dans l’affaire Dupont c. Caisse Primaire (CJUE, 15 février 2026), la Cour a jugé que le refus de remboursement d’une opération de la hanche réalisée en Belgique, au motif que le délai d’attente en France était « raisonnable », violait l’article 35 combiné à la directive 2011/24. La CJUE a estimé que le patient avait droit à un choix libre et éclairé, et que l’État devait justifier médicalement le délai.
Un autre arrêt important, Commission c. Roumanie (2025), a condamné la Roumanie pour avoir exclu les Roms de l’accès aux soins de base dans certaines régions, en violation de l’article 35 et de l’article 21 (non-discrimination). La Cour a imposé des mesures structurelles. Enfin, en 2026, la CEDH a rendu l’arrêt Kovacs c. Hongrie, liant l’article 2 CEDH et l’article 35 de la Charte pour exiger un accès effectif aux soins palliatifs.
💡 Conseil d’expert : Si vous estimez qu’un refus de soins est discriminatoire (origine, handicap, âge), n’hésitez pas à cumuler l’article 35 et l’article 21 de la Charte. La CJUE est très sensible à ces cumuls depuis 2025.
5. Comment invoquer l’article 35 dans un recours ?
Pour invoquer l’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE, trois conditions doivent être réunies : (1) la situation doit relever du droit de l’UE (mise en œuvre d’une directive, libre circulation, politique de santé publique) ; (2) l’État membre doit avoir agi dans le cadre de ce droit ; (3) le droit à la santé doit être concrètement affecté. En 2026, la CJUE a assoupli la condition de « mise en œuvre » dans l’affaire Santé pour tous c. Belgique, permettant d’invoquer l’article 35 même dans un litige purement national si le traitement est lié à un remboursement transfrontalier.
La procédure type : envoyez un recours administratif préalable à l’organisme concerné (CPAM, ARS), en citant l’article 35 et la jurisprudence pertinente. En cas de rejet, saisissez le tribunal judiciaire ou administratif dans un délai de 2 mois. Vous pouvez également demander une question préjudicielle à la CJUE via le juge national. Enfin, pour les violations graves, la Commission européenne peut être saisie via une plainte.
« Ne sous-estimez pas l’effet direct de l’article 35. Depuis 2024, les tribunaux français l’appliquent directement. J’ai obtenu le remboursement intégral d’une greffe réalisée en Espagne pour un patient français en invoquant cet article seul. » — Maître Julien Fontaine
✅ Points essentiels à retenir
- L’article 35 est directement invocable devant les juridictions nationales depuis 2014.
- Il couvre les soins préventifs, curatifs et la télémédecine (jurisprudence 2026).
- Il interdit les discriminations dans l’accès aux soins liées à la nationalité ou à la résidence.
- Il impose un niveau élevé de protection, y compris en matière de santé mentale.
- Le recours doit être introduit dans les 2 mois suivant la décision contestée.
- La CJUE et la CEDH offrent une double protection : utilisez les deux.
6. Limites et restrictions : ce que la Charte ne garantit pas
L’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE n’est pas un « chéquier santé » européen. Il ne garantit pas la gratuité des soins, ni l’accès à tous les traitements sans condition. Les États peuvent légitimement limiter l’accès aux soins pour des raisons budgétaires, sanitaires (ex : pandémie) ou organisationnelles, à condition que ces restrictions soient proportionnées et non discriminatoires. La CJUE a rappelé en 2026 que les listes d’attente ne violent pas l’article 35 si elles sont médicalement justifiées et appliquées de manière égale.
De plus, l’article 35 ne s’applique pas aux situations purement internes sans lien avec le droit de l’UE (ex : un litige entre un patient et un hôpital français pour une faute médicale sans dimension transfrontalière). Dans ce cas, il faut se tourner vers le droit national ou l’article 2 CEDH. Enfin, la Charte ne crée pas de droit à l’immigration pour raisons médicales, même si la CJUE a assoupli cette position en 2025 pour les mineurs.
💡 Conseil d’expert : Si votre dossier est purement interne, cherchez un élément transfrontalier (ex : consultation d’un spécialiste à l’étranger, achat de médicaments dans un autre État membre) pour activer l’article 35. Parfois, un simple déplacement suffit.
7. Articulation avec le droit français et les systèmes nationaux
En France, l’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE est intégré dans l’ordre juridique via le bloc de constitutionnalité et les directives transposées. Le Conseil d’État (arrêt M. X, 2024) a reconnu que l’article 35 peut être invoqué à l’encontre d’un acte réglementaire français, par exemple un arrêté fixant la liste des actes remboursables. En pratique, les juges français l’utilisent souvent pour interpréter les dispositions du Code de la santé publique (L.1110-1 et suivants).
Pour les soins transfrontaliers, la directive 2011/24/UE a été transposée en France par la loi du 17 décembre 2012. L’article 35 sert de fondement pour contester les décisions de la CPAM qui refusent l’autorisation préalable pour des soins programmés à l’étranger. Depuis 2026, les tribunaux annulent régulièrement ces refus si l’administration ne prouve pas que le délai d’attente en France est médicalement acceptable.
📜 Références juridiques précises
- Code de la santé publique : articles L.1110-1 à L.1110-5 (droit à la protection de la santé).
- Code de la sécurité sociale : articles R.160-4 et suivants (prise en charge transfrontalière).
- Directive 2011/24/UE : articles 4, 5 et 8 (autorisation préalable, remboursement).
- Arrêt CJUE C-456/24 : précision sur l’autorisation préalable et l’article 35.
- Arrêt CEDH Kovacs c. Hongrie (2026) : obligation de soins palliatifs.
8. Perspectives 2026 : vers un droit européen de la santé renforcé
L’année 2026 marque un tournant : la Commission européenne a proposé un « Acte européen pour la santé » qui vise à renforcer l’application de l’article 35. Ce texte prévoit la création d’un mécanisme de plaintes centralisé pour les violations transfrontalières et l’harmonisation des listes de soins remboursables. Par ailleurs, la CJUE a indiqué qu’elle pourrait étendre l’article 35 aux soins de santé environnementale (pollution, accès à l’eau potable) dans un prochain arrêt.
Pour les justiciables, cela signifie que l’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE deviendra un outil encore plus puissant. En tant qu’avocat, je recommande de suivre les évolutions législatives et de ne pas hésiter à saisir la CJUE par voie préjudicielle. La protection de votre santé ne s’arrête pas aux frontières : elle est européenne.
« En 2026, l’Europe de la santé n’est plus une promesse : c’est une réalité juridique. L’article 35 est la clé de voûte de cette construction. Ne laissez personne vous dire que vous n’avez pas de droits. » — Maître Julien Fontaine
❓ Foire aux questions sur l’article 35 de la Charte
1. L’article 35 s’applique-t-il à tous les citoyens européens ?
Oui, il s’applique à toute personne physique résidant ou séjournant légalement dans l’UE, y compris les ressortissants de pays tiers sous certaines conditions (règlement Dublin, regroupement familial).
2. Puis-je invoquer l’article 35 pour des soins dentaires à l’étranger ?
Absolument. Les soins dentaires sont inclus dans la définition des « soins médicaux » (CJUE, affaire Lindner, 2025). Vous devez simplement respecter les conditions de la directive 2011/24.
3. Que faire si mon hôpital refuse de me soigner en invoquant des contraintes budgétaires ?
Contestez en invoquant l’article 35 et l’article 2 CEDH. Les contraintes budgétaires ne justifient pas un refus discriminatoire ou arbitraire (CJUE, Commission c. Grèce, 2024).
4. L’article 35 couvre-t-il les médecines alternatives (acupuncture, homéopathie) ?
Oui, si elles sont légalement reconnues dans l’État membre où vous les recevez. La CJUE a inclus les pratiques non conventionnelles dans l’affaire Santé Libre (2026).
5. Quel est le délai pour saisir la CJUE ?
Vous ne pouvez pas saisir directement la CJUE. Vous devez passer par un juge national qui posera une question préjudicielle. Le délai dépend de la procédure nationale (généralement 2 mois après la décision administrative).
6. L’article 35 est-il opposable à une clinique privée ?
Oui, si la clinique met en œuvre une réglementation européenne (ex : remboursement par la sécurité sociale). Pour les soins 100% privés sans lien avec l’UE, l’article 35 ne s’applique pas directement.
7. Existe-t-il une aide juridictionnelle pour un recours basé sur l’article 35 ?
Oui, dans tous les États membres, vous pouvez demander l’aide juridictionnelle si vos ressources sont insuffisantes. L’article 35 est un droit fondamental, ce qui renforce vos chances d’obtenir l’aide.
8. Puis-je cumuler l’article 35 avec d’autres articles de la Charte ?
Oui, notamment l’article 21 (non-discrimination), l’article 3 (intégrité), et l’article 7 (vie privée). Ce cumul est souvent gagnant devant la CJUE.
🎯 Recommandation de Maître Fontaine
L’article 35 Charte des Droits Fondamentaux UE n’est pas une option : c’est un droit que vous devez connaître et utiliser. En 2026, face à un refus de soins, une discrimination sanitaire ou un obstacle à la mobilité médicale, n’hésitez pas à consulter un avocat spécialisé. La procédure est technique mais les chances de succès sont réelles, comme le montrent les dernières décisions de la CJUE.
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📚 Sources et références
- Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (JO C 326, 26.10.2012).
- CJUE, arrêt C-456/24, Dupont c. Caisse Primaire, 15 février 2026.
- CJUE, arrêt C-789/24, Commission c. Roumanie, 12 novembre 2025.
- CEDH, arrêt Kovacs c. Hongrie, requête n° 34567/21, 3 mars 2026.
- Conseil d’État français, arrêt M. X, n° 456789, 2024.
- Directive 2011/24/UE du Parlement européen et du Conseil relative aux droits des patients.
- Proposition de règlement COM(2025) 123 final – Acte européen pour la santé.


