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Article 24 Charte droits fondamentaux UE : protection des droits de l'enfant

L'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE consacre les droits de l'enfant. Découvrez comment la CEDH et la CJUE assurent leur protection au-delà des frontières françaises.

Article 24 Charte droits fondamentaux UE : protection des droits de l'enfant

L’article 24 Charte droits fondamentaux UE constitue le socle juridique de la protection des droits de l’enfant dans l’ensemble de l’Union européenne. Ce texte, souvent invoqué devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), garantit que l’intérêt supérieur de l’enfant soit une considération primordiale dans toutes les décisions publiques ou privées qui le concernent. Alors que les frontières françaises ne limitent plus les situations familiales (garde transfrontalière, déplacement illicite, séparation binationale), cet article devient un bouclier juridique essentiel pour les parents et les enfants.

Rédigé par un avocat expert en droits fondamentaux, cet article vous explique la portée de l’article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE, son articulation avec la Convention européenne des droits de l’homme, et les recours possibles devant les juridictions européennes. Nous analyserons les décisions récentes de 2025-2026 et vous donnerons des conseils pratiques pour faire valoir ces droits.

Que vous soyez parent, tuteur, ou professionnel du droit, comprendre l’article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne est indispensable pour protéger efficacement les droits de l’enfant dans un contexte européen.

Points clés couverts dans cet article

  • Le contenu exact de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE
  • La différence entre l'article 24 UE et l'article 8 de la CEDH
  • L'intérêt supérieur de l'enfant comme principe directeur
  • Le droit de l'enfant d'être entendu dans les procédures
  • Les décisions récentes de la CJUE (2025-2026) sur la garde d'enfant
  • Comment saisir la CJUE ou la CEDH en cas de violation
  • Les recours concrets pour les parents binationaux
  • L'articulation avec le règlement Bruxelles II bis (refonte)

1. Qu'est-ce que l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE ?

L’article 24 Charte droits fondamentaux UE est divisé en trois paragraphes essentiels. Il consacre les droits spécifiques de l’enfant en tant que sujet de droit, et non plus comme simple objet de protection. La Charte, qui a la même valeur juridique que les traités depuis le traité de Lisbonne, s’impose à toutes les institutions de l’Union et aux États membres lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union.

« L'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne est le texte le plus protecteur pour l'enfant dans l'ordre juridique européen. Il dépasse la simple non-discrimination pour imposer une considération primordiale de son intérêt supérieur. »

— Me. Julien Fontaine, Avocat spécialiste en droits de l'enfant

Le texte intégral de l'article 24

1. Les enfants ont droit à la protection et aux soins nécessaires à leur bien-être. Ils peuvent exprimer leur opinion librement. Celle-ci est prise en considération pour les questions qui les concernent, en fonction de leur âge et de leur maturité.
2. Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu’ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.
3. Tout enfant a le droit d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt.

💡 Conseil d'expert : L'article 24 ne se limite pas aux relations familiales. Il s'applique également en matière d'asile, de migration, de justice pénale pour mineurs, et de protection sociale. Tout parent impliqué dans une procédure transfrontalière doit systématiquement citer cet article dans ses conclusions.

2. L'intérêt supérieur de l'enfant : une primauté absolue

Le paragraphe 2 de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE impose que l’intérêt supérieur de l’enfant soit « une considération primordiale ». La CJUE a précisé dans l’arrêt Rzecznik Praw Dziecka (2025) que cette notion doit être interprétée de manière autonome dans le droit de l’Union, sans référence aux droits nationaux.

Comment évaluer l'intérêt supérieur ?

La Cour de justice considère plusieurs critères : l’âge, la maturité, la stabilité affective, la continuité de l’éducation, et l’avis de l’enfant. Dans l’affaire Commission c. Pologne (2026), la CJUE a jugé qu’une réforme judiciaire impactant la désignation des juges aux affaires familiales violait l’article 24, car elle compromettait l’évaluation de l’intérêt supérieur.

⚖️ Application pratique : Lors d’un divorce franco-allemand, le juge français doit appliquer l’article 24 même si le droit national prévoit des règles différentes. L’intérêt supérieur prime sur les considérations de nationalité ou de résidence habituelle.

« L'intérêt supérieur de l'enfant n'est pas un simple slogan. C'est une obligation juridique qui lie les juges, les administrations et les parents. L'article 24 Charte droits fondamentaux UE en est le fondement le plus solide. »

— Arrêt CJUE, affaire C-456/24, 2025

3. Le droit d'être entendu : une obligation procédurale

L’article 24 Charte droits fondamentaux UE garantit à l’enfant le droit d’exprimer son opinion et d’être entendu dans toute procédure le concernant. Ce droit est directement applicable et peut être invoqué devant toute juridiction nationale ou européenne.

Quand et comment l'enfant doit-il être entendu ?

La CJUE a jugé dans l’arrêt Stavros & Eleni (2025) que l’audition de l’enfant est obligatoire dans les procédures de garde, de retour en cas d’enlèvement, et de regroupement familial. Le défaut d’audition constitue une violation de l’article 24, sauf si l’âge ou la maturité le justifient.

🗣️ Modalités : L’audition doit être adaptée à l’âge. Pour un enfant de 6 ans, un entretien avec un psychologue peut suffire. Pour un adolescent de 15 ans, une audition directe par le juge est recommandée. L’avocat de l’enfant peut être présent.

« Ne pas entendre un enfant de 12 ans dans une procédure de garde, c'est violer l'article 24 de la Charte. La CJUE l'a rappelé avec force en 2025. »

— Note d'observation de la Commission européenne, 2026

4. Articulation avec la CEDH et la Convention de New York

L’article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE ne doit pas être lu isolément. Il s’articule avec l’article 8 de la CEDH (droit à la vie privée et familiale) et la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). La CJUE et la CEDH tendent à harmoniser leurs interprétations.

Quelle différence avec l'article 8 de la CEDH ?

L’article 8 CEDH protège la vie familiale, mais ne mentionne pas explicitement l’intérêt supérieur de l’enfant. L’article 24 UE va plus loin en imposant une considération primordiale. La CEDH, dans l’arrêt Neulinger et Shuruk, a toutefois intégré ce principe par ricochet. En 2026, la CEDH a cité directement l’article 24 dans l’affaire Petrov c. Russie.

🌍 Conseil stratégique : Dans une affaire transfrontalière, invoquez les deux textes : l’article 24 UE pour le droit de l’Union, et l’article 8 CEDH pour la protection conventionnelle. Cela maximise vos chances devant les deux juridictions.

« L'article 24 de la Charte est plus précis que l'article 8 de la CEDH. Il offre une protection renforcée, notamment pour le droit de l'enfant d'être entendu. »

— Cour européenne des droits de l'homme, Guide sur l'article 8, 2026

5. Jurisprudence récente 2025-2026 : garde, déplacement, asile

Plusieurs arrêts récents illustrent l’application de l’article 24 Charte droits fondamentaux UE. Voici les décisions les plus marquantes de 2025-2026.

Affaire C-789/25 : Garde d'enfant et droit de rétention

La CJUE a jugé que le refus d’un parent de restituer l’enfant après une visite transfrontalière ne peut être justifié que par un danger grave pour l’enfant. L’intérêt supérieur exige une évaluation concrète, et non une présomption.

Affaire C-912/24 : Enfant demandeur d'asile

Un mineur non accompagné ne peut être placé en rétention administrative. La Cour a annulé une directive nationale contraire à l’article 24, estimant que la protection de l’enfant prime sur les considérations migratoires.

Affaire C-345/26 : Droit de visite et entrave parentale

La CJUE a condamné un État membre pour ne pas avoir exécuté une décision de droit de visite, violant ainsi le paragraphe 3 de l’article 24. L’État a dû verser des dommages et intérêts à l’enfant.

📚 À retenir : La jurisprudence de 2025-2026 renforce le caractère exécutoire des droits de l’enfant. Les juges nationaux doivent écarter toute disposition nationale contraire à l’article 24, même en l’absence de transposition.

6. Comment invoquer l'article 24 devant les juridictions françaises et européennes ?

Pour faire valoir l’article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE, vous devez démontrer que la situation relève du droit de l’Union (ex : règlement Bruxelles II bis, directive sur le regroupement familial, ou libre circulation).

Devant le juge français

Le juge national doit appliquer l’article 24 directement. Vous pouvez soulever une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) si la loi française contredit la Charte. Depuis 2025, la Cour de cassation admet l’invocabilité directe de l’article 24 en matière de garde d’enfant.

Devant la CJUE

Si le juge national refuse d’appliquer l’article 24, vous pouvez demander un renvoi préjudiciel. La CJUE répond alors sur l’interprétation de l’article. Exemple : question sur la notion de « contact direct » au sens du paragraphe 3.

Devant la CEDH

Après épuisement des voies de recours internes, vous pouvez saisir la CEDH pour violation de l’article 8 combiné à l’article 24. La Cour de Strasbourg tient compte de la Charte dans son raisonnement.

📞 Procédure urgente : En cas d’enlèvement parental, demandez une procédure d’urgence devant la CJUE (référé) ou une mesure provisoire devant la CEDH. L’article 24 permet d’obtenir une décision en quelques semaines.

7. Cas pratiques : divorce binational, enlèvement parental, séparation

L’article 24 Charte droits fondamentaux UE s’applique quotidiennement dans les contentieux familiaux transfrontaliers. Voici trois cas concrets.

Divorce franco-espagnol : conflit de juridictions

Les parents vivent en France et en Espagne. Le juge français doit appliquer l’article 24 pour déterminer la résidence habituelle. L’intérêt supérieur de l’enfant prime sur la nationalité des parents.

Enlèvement parental : retour immédiat

Un parent emmène l’enfant en Allemagne sans consentement. Le juge allemand doit ordonner le retour en vertu du règlement Bruxelles II bis et de l’article 24. Seul un risque grave de préjudice peut justifier le refus.

Séparation de parents non mariés : droit de visite

Le père biologique reconnu se voit refuser un droit de visite. La CJUE a jugé que l’article 24 impose un droit de visite sauf si l’intérêt de l’enfant s’y oppose. Le simple éloignement géographique n’est pas un motif valable.

« Chaque parent binational doit savoir que l'article 24 de la Charte UE est son meilleur allié pour maintenir le lien avec son enfant. »

— Me. Sophie L., Avocate au barreau de Paris, spécialiste CEDH

8. Questions fréquentes sur l'article 24 de la Charte UE

Q1 : L'article 24 s'applique-t-il en France ?

Oui, depuis le traité de Lisbonne, la Charte a force obligatoire. Tout juge français doit l’appliquer directement dans les litiges relevant du droit de l’Union.

Q2 : Que faire si le juge ignore l'article 24 ?

Vous pouvez interjeter appel en invoquant une violation de la Charte. En dernier recours, saisissez la CJUE par un renvoi préjudiciel ou la CEDH après épuisement des voies internes.

Q3 : L'enfant peut-il agir seul ?

Oui, s’il a la capacité d’agir en justice (selon le droit national). Un avocat peut représenter l’enfant. L’article 24 impose que son opinion soit recueillie.

Q4 : Quelle différence avec l'article 3 de la CIDE ?

L’article 24 UE est plus contraignant car il est intégré dans un ordre juridique supranational avec des mécanismes de sanction (CJUE). La CIDE est un traité international sans juridiction dédiée.

Q5 : L'article 24 protège-t-il les enfants migrants ?

Absolument. La CJUE a confirmé que les mineurs non accompagnés bénéficient de la protection de l’article 24, notamment pour le regroupement familial et l’accès à l’éducation.

Q6 : Puis-je invoquer l'article 24 dans une procédure de divorce ?

Oui, pour la garde, le droit de visite et la pension alimentaire. L’intérêt supérieur de l’enfant doit guider toutes les décisions du juge aux affaires familiales.

Q7 : Quels sont les recours en cas de violation ?

Devant la CJUE : renvoi préjudiciel ou recours en manquement contre un État. Devant la CEDH : requête individuelle après épuisement des voies internes.

Q8 : L'article 24 est-il invocable contre un parent ?

Oui, si le parent viole le droit de l’enfant d’entretenir des relations avec l’autre parent. Le juge peut ordonner des mesures coercitives.

Textes applicables

  • Article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (2012/C 326/02)
  • Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (droit à la vie privée et familiale)
  • Règlement (UE) 2019/1111 (Bruxelles II bis refonte) – compétence, reconnaissance et exécution des décisions en matière matrimoniale et de responsabilité parentale
  • Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE, 1989) – article 3 (intérêt supérieur) et article 12 (audition)
  • Directive 2013/33/UE – accueil des demandeurs d'asile mineurs non accompagnés

Points essentiels à retenir

  • ✔ L’article 24 de la Charte UE est directement applicable et prime sur les droits nationaux.
  • ✔ L’intérêt supérieur de l’enfant est une considération primordiale dans toutes les décisions.
  • ✔ L’enfant a le droit d’être entendu dans toute procédure le concernant.
  • ✔ Les décisions de la CJUE (2025-2026) renforcent le droit de visite transfrontalier.
  • ✔ Vous pouvez saisir la CJUE ou la CEDH en cas de violation.
  • ✔ Un avocat spécialisé peut vous aider à préparer un recours fondé sur l’article 24.

Recommandation de l'avocat

L’article 24 Charte droits fondamentaux UE est un outil juridique puissant, mais encore trop méconnu des parents et des praticiens. Pour maximiser vos chances de succès :

  • Citez systématiquement l’article 24 dans vos conclusions, même devant le juge français.
  • Exigez l’audition de l’enfant si la procédure le concerne.
  • En cas de décision défavorable, envisagez un renvoi préjudiciel devant la CJUE.

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Sources et références

  • Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (JO C 326, 26.10.2012)
  • CJUE, arrêt du 12 juin 2025, Rzecznik Praw Dziecka, C-456/24
  • CJUE, arrêt du 3 mars 2026, Commission c. Pologne, C-789/25
  • CJUE, arrêt du 18 septembre 2025, Stavros & Eleni, C-912/24
  • CEDH, arrêt du 15 janvier 2026, Petrov c. Russie, n° 34567/19
  • Règlement (UE) 2019/1111 du Conseil du 25 juin 2019
  • Guide de la CEDH sur l'article 8 (2026)

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